01-03-2010 - Presse
Réduit à dix, Servette finit par se résigner (TG)
Tribune de Genève - 1 mars 2010 - Jean-Antoine Calcio Locarno remporte un succès net et mérité (3-0) et les Grenat sont rattrapés par le doute.
Voilà les espoirs suscités par le succès probant remporté face à Winterthour au Stade de Genève remisés au rang d’un feu de paille.
Sèchement battu à Locarno sur le score sans appel de 3 à 0 (1-0) Servette se retrouve à nouveau plongé dans le doute. Et le voilà désormais relégué à quatre points de son adversaire du jour. Du coup le voilà de nouveau contraint à regarder derrière lui, plutôt que de lorgner vers de plus hauts sommets.
Il convient tout de même d’admettre que les hommes de Joao Alves ont des excuses à faire valoir. N’ont-ils pas dû évoluer à dix durant près de quatre-vingt minutes? En raison d’une faute de dernier recours imputée au gardien Gonzalez.
La scène mérite d’être contée. Un dégagement de Schneider est contré par un attaquant tessinois. Le portier genevois se précipite pour parer au plus pressé. Mais il intervient de la main en dehors de la surface de réparation. La sanction suprême devient inévitable. Et elle déstabilise évidemment tout l’alignement servettien, puisque le capitaine servettien Lionel Pizzinat doit sortir pour permettre l’entrée du gardien remplaçant Loïc Novelle qui, à peine entré, concède le premier but tessinois.
L’espace d’une vingtaine de minutes, les Genevois connurent un réel sursaut d’orgueil. Marqué notamment par un «râteau» de Tréand, suivi d’une frappe sèche qui aurait mérité un meilleur sort. Mais cette action constitua quasiment la seule occasion pour Servette de créer un réel danger devant le gardien Casanova, qui passa finalement un agréable après-midi au Lido.
D’accord, la troupe de Joao Alves se trouvait en infériorité numérique. Mais elle manqua tout de même d’allant et d’invention dans son jeu. Dans cette optique, les talentueux Esteban et Eudis passèrent souvent inaperçus face à une formation locarnaise très bien organisée et qui parut plus homogène que son adversaire. Quant au Brésilien Bastos, il a vraiment semblé à court de compétition, donc d’explosivité et d’endurance.
En plus Locarno pouvait compter sur quelques excellents éléments dans ses rangs. Le capitaine Senger, très présent à la pointe de l’attaque. Il marqua par deux fois, rachetant une incroyable maladresse qui lui aurait permis de donner deux buts d’avance à son équipe à la 21e minute. L’infatigable et habile Pollini mérite aussi la citation. Et puis gardons pour la fine bouche le remarquable Biscotte. Il ne se contenta pas d’ouvrir le score d’un magistral coup franc. Il a littéralement donné le tournis aux défenseurs adverses régalant le public qui adore son «Biscotinno».
Malmené au Tessin, Servette doit maintenant penser à se reconstruire, s’il veut repartir de l’avant et s’éloigner de la zone dangereuse.
Alves: «Penser à Schaffhouse»
Joao Alves faisait grise mine à l’issue de la rencontre. «Chercher des points positifs dans le match que nous avons livré me semble difficile. Nous avons dû d’entrée jouer à dix, Gonzalez est suspendu et nous avons subi une sévère défaite», regrettait l’entraîneur servettien, sans se voiler la face.
Il ajoutait après un instant de réflexion: «Je crois que le mieux c’est d’oublier ce résultat qui pourrait nous replonger dans le doute et penser à notre prochaine rencontre samedi prochain au Stade de Genève face à Schaffhouse. Mais il ne faut pas négliger pour autant d’analyser à froid ce qui s’est passé ici à Locarno et de tirer au plus vite les enseignements des erreurs qui ont été commises au Lido.»
La très rapide expulsion du gardien grenat a sans doute porté à conséquence: «Oui, mais l’équipe a tout de même bien réagi après ce coup du sort et elle a réalisé une première mi-temps acceptable. Hélas nous avons encore péché par un sérieux manque de réalisme. Et le deuxième but tessinois a pratiquement sonné le glas de nos espoirs, même si j’ai tout misé sur l’offensive pour revenir au score…»
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