23-07-2010 - Presse
Après avoir placardé ses ambitions, Servette affiche son optimisme (TG)
Daniel Visentini - 23.07.2010 - Tribune de Genève Le président Pishyar en est certain: cette saison sera celle de la promotion pour les Grenat. «Cela ne fait aucun doute», affirme-t-il.
Aforce de le proclamer, Majid Pishyar a sans doute fini par s’en convaincre: Servette sera promu en Super League cette saison. La large campagne d’affichage dans les rues de Genève a beau nuancer le propos, en rappelant qu’il ne s’agit que d’un objectif, le président du Servette FC ne laisse pas la moindre place à quelque hésitation: «Cela ne fait aucun doute», sourit-il.
L’affiche en question trône d’ailleurs derrière son bureau. Servette a perdu des joueurs clés: Tréand, Kusunga, N’Zay, Esteban, sans parler de Bastos. Il a recruté au Portugal (Mendes, Soares, Sana) et en Suisse alémanique (Schlauri, Nater, Baumann, Karanovic ou Maric). Des espoirs portugais et des renforts de Schaffhouse, Kriens et Wohlen, pas de grands noms ou de joueurs de Super League: cela suffira-t-il pour terminer à la première place? Le président Pishyar répond.
Majid Pishyar, pourquoi êtes-vous si sûr que Servette sera promu au terme de la saison qui commence dimanche à Vaduz?
J’ai étudié les autres équipes de Challenge League et je n’ai rien vu de spécial. Pas de meilleurs joueurs en tout cas. Je respecte nos adversaires, mais ils ne sont pas plus forts que cela, nous avons toutes les armes pour lutter contre eux facilement. Nous sommes la meilleure équipe de la ligue, dans la foulée de ce que nous avons fait le printemps dernier.
Mais ce n’est plus le même Servette aujourd’hui: il y a eu des départs de joueurs importants et beaucoup d’arrivées…
J’en suis heureux. Je ne voulais pas garder Kusunga: il était impliqué sur 11 des buts que nous avons encaissés la saison passée, rappelez-vous le début du championnat. Il a été meilleur sur la fin, car nous avons su l’entourer, le coacher. C’est la force du management. Si nous avons pu faire de Kusunga et de Tréand des joueurs de Super League, nous ferons de même, et encore mieux, avec les joueurs actuels.
Avec un tel objectif de promotion, on s’attendait à voir un ou deux «noms» épauler une équipe jeune. Mais ce n’est pas le cas. Pourquoi?
Pour un souci d’harmonie. Je ne voulais pas avoir dans mon équipe des différences entre une ou deux stars et les autres joueurs. C’est l’équipe qui doit être à la base du succès. Et c’est comme cela que nous travaillons avec Joao Alves, notre entraîneur.
Justement: Alves, nommé «directeur technique général à la manière d’un manager à l’anglaise», pour reprendre votre site officiel, s’est défendu très clairement dans nos colonnes de n’être que l’entraîneur et rien de plus. Des précisions?
C’est un malentendu (sic) . Il n’est pas manager à l’anglaise, non. Mais il est le directeur technique en chef et il a tous les entraîneurs du club sous ses ordres. Cela dit, Joao Alves est quelqu’un d’humble, il n’a sans doute pas voulu se mettre en avant.
Il a aussi rappelé que rien ne serait simple cette saison, en voulant être réaliste…
Il a transmis un message qui me convient, celui du technicien qu’il est. En restant humble, encore une fois. Mais les choses sont très claires: le seul objectif est la promotion. En ce sens, il le sait et il ressent la pression.
Et vous? Vous affirmez que Servette sera promu, vous n’avez aucun doute. Une part de votre crédibilité est en jeu, non?
Oui, bien sûr. Mais je suis là pour cela. Je serai dimanche à Vaduz pour montrer à toute l’équipe que nous ne sommes pas là pour rigoler. Et nous allons réussir!
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La vérité du terrain d’abord
Servette ne serait pas Servette sans ses grands envols, ses promesses, ses ambitions légitimes ou pas.
Depuis son arrivée à la tête du club, voilà presque deux ans, Majid Pishyar a beaucoup promis. Pas à la manière d’un Marc Roger, qui versait dans la forfanterie. Non, il faut rester sérieux: depuis que le président iranien est là, Servette n’a pas eu de problèmes de trésorerie et les salaires sont payés mensuellement.
Aujourd’hui, «Magic» Pishyar s’autorise une profession de foi. L’homme a ses certitudes: «J’ai une philosophie de travail pour tout le club, assure-t-il. Je ne suis pas là pour perdre mon temps. J’ai un projet, celui de ramener le foot au plus haut niveau à Genève. Et nous allons y parvenir, oui. L’argent, j’en ai, j’aurais pu investir dans des joueurs de haut calibre. Mais cela ne rentrait pas dans le cadre de ma philosophie. Ensuite, si certains disent qu’il y a un problème de budget, je réponds que si vous refusez un verre d’eau à 10 francs, cela ne signifie pas que vous n’avez pas d’argent. Nous négocions durement.»
Comme toujours, c’est du terrain que la vérité surgira. Servette sera rapidement fixé: après un premier déplacement à Vaduz dimanche, les Grenat affronteront Bienne, Nyon, Winterthour et Kriens. De quoi se faire une première idée du réel potentiel servettien.
Car pour l’instant, les choses sont claires: l’excellent Servette du printemps dernier a perdu une solide charnière défensive (Kusunga-N’Zay) ainsi que Tréand, Bastos et Esteban. Au total, cela fait en puissance quatre titulaires et demi (rapport aux blessures d’Esteban). Soit près de la moitié des joueurs de champ.
C’est pour cette raison que Joao Alves tempère déjà le discours si optimiste de son président. En croisant les doigts pour que ses joueurs soient rapidement dans le bain, que les automatismes d’il y a quelques mois, avec d’autres, fassent rapidement surface.
Entre un président résolument optimiste et un entraîneur prudent, Servette cherche son équilibre. contact |